Tripatouiller la terre, compter fleurette et ses semis, respirer tout en grignotant un brin de ciboulette ou de roquette, saluer le voisin et taper un brin de causette autour de la pluie et du beau temps tout en échangeant des « trucs » de jardinier. Oui, vous êtes dans la simplicité. 

Dans An other year de Mike Leigh, nous suivons un an de la vie de Tom et Gerry (rire), un couple de quinquagénaires heureux et uni. A chaque début de chapitre, correspondant à une saison, nous les voyons travailler sur leur lopin dans un jardin collectif. Je ne peux m’empêcher de penser que le jardin est peut-être, certainement, la source de leur épanouissement.

Ce n’est bien sûr pas aussi simple que cela et pourtant je pense que le travail de la terre nous ramène à la réalité, nous permet de prendre conscience que c’est en prenant soin de la terre que nous arriverons à prendre soin de nous.

Tout d’abord, en nous nourrissant de nos productions et donc directement de notre travail. Ensuite parce que prendre soin d’un plan de salade, de tomates, d’un lopin de terre c’est aussi de nous qu’il s’agit : nous sommes bien une terre dont nous devons prendre soin, afin d’exploiter tous les/nos possibles, à nourrir, prendre soin, chérir afin de traverser toutes les saisons le plus sainement possible. Mais le jardinage a plein d’autres bienfaits.

Les jardins ouvriers ont été créés tout d’abord en Angleterre (début du XIXème siècle), puis en Allemagne et en France dans le but de proposer aux familles d’ouvriers un moyen d’améliorer leur quotidien, sortir de leurs habitats, souvent précaires, pour être au grand air et éviter que les hommes aillent s’encanailler dans des lieux peu recommandables…

Aujourd’hui, de nombreuses associations perpétuent la tradition des jardins ouvriers. Jardins familiaux, partagés ou collectifs, ces jardins regroupent des personnes issus de différents milieux, différentes origines et favorisent le vivre ensemble.

Si le besoin premier de se nourrir plus correctement n’est plus la motivation première, c’est bien un moyen de nous réunir, d’aller à la rencontre de nouvelles personnes, de créer du lien autour d’une activité commune, source de grands plaisirs, que nous sommes de plus en plus nombreux à rechercher.

Nous investissons également les rues pour y planter fleurs et légumes à partager avec nos concitoyens (Incroyables Comestibles) ou tout simplement afin de sensibiliser le public en redonnant une place à la nature dans nos espaces urbains (Guerilla gardening).

En France, les jardins familiaux et collectifs sont regroupés au sein de la Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs, créée il y a plus de 100 ans et comptant un représentant dans chaque région et de nombreuses associations adhérentes.

A Lire

Végétalisation des villes : les Français en redemandent, la sécu aurait 3,4 milliards à y gagner – 29 mars 2016 – We Demain

Lien

Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs

Liste des jardins partagés et familiaux de Marseille sur le blog Libres chemins

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